Droit International

Titre : L’Après intervention militaire au Mali : Quel risque d’une « Somalisation » de la région ?

Par Anna Naa Adochoo MENSAH | 2015-07-08
sous le numéro 31

Résumé : Le Mali une fois considéré comme un pilier de la démocratie en Afrique est devenu une menace de la stabilité du continent et surtout dans la région du sahel. Le désordre politique, l’instabilité économique et la rébellion au nord du pays a conduit le pays dans une crise qui risque de embraser d’autres pays dans la région.


     Face à cette crise, la communauté internationale, chapotée par la France, le pays colonisateur, a initié une intervention militaire pour contrôler à la rébellion au nord et assurer la stabilité du Mali.

Le déroulement des événements après cette intervention militaire exposent certains critères qui ont caractérisés la crise somalienne. En suivant les déroulements de ces événements qui ont caractérisé la crise somalienne et les ressemblances qui s’affichent  dans la crise malienne, peut-on prévoir le risque d’une telle situation au Mali ? Quels sont les facteurs qui nous conduisent vers une « somalisation » de la crise malienne ? Et quels sont les indices qui nous assurent une stabilité au Mali ?

 

Mots clefs : Crises somalienne et malienne, Intervention militaire, somalisation.

Sommaire

Première partie : Vers une « somalisation » de la crise malienne ?. 5

I.      Les points de convergences entre la crise Malienne et Somalienne :. 6

a)     Les causes des crises :. 6

b)     Les enjeux  de l’intervention militaire au Mali et en Somalie:. 7

II. Les points de divergences entre la crise somalienne et malienne : 9

a)     Un coup d’Etat déjoué au Mali :. 9

b)     Une intervention concertée au Mali :. 10

Deuxième partie : Un regard sur l’avenir du Mali 13

I.      Quel est l’impact de l’intervention malienne dans la région ?. 13

a.      L’impact d’une intervention réussie :. 14

b.      L’impact d’une intervention échouée. 15

II.         Quelles mesures à prendre pour éviter une « somalisation » de la région ?. 16

a)     La Reconstruction d’un Etat effondré. 16

b)     Le rôle non-négociable des Etats régionaux :. 17

Conclusion :. 18

Bibliographie. 19

 

Introduction

Depuis Mars 2012, le Mali a été frappé par une crise qui dévoile à la fois sa vulnérabilité politique, économique, sociale ainsi que sécuritaire. L’émergence d’une crise politique qui a secoué et déstabilisé le gouvernement malien pose des risques dans cette région du monde. Le Mali, un pays situé en Afrique de l’Ouest, est frontalière de la Mauritanie et de l’Algérie au nord, du Niger à l’Est, de la Guinée au Sud-Ouest, du Burkina Faso et la Côte d’Ivoire au Sud et du Sénégal à l’Ouest.

Le 22 Mars 2012, le Mali a subi un coup d’Etat militaire dirigé par le capitaine Amadou Sanogo qui accuse le gouvernement du président Amadou Toumani Touré de son incapacité à combattre la rébellion touarègue et islamiste dans le nord du pays. L’instabilité politique provoquée par ce coup d’Etat a aussi fortifié les mouvements Islamistes et Djihadistes qui cherchent à dominer au nord du Mali.[1]

Face à ces menaces, la communauté internationale s’est mobilisée pour trouver une solution stratégique par un dispositif avancé, englobant la diplomatie militaire et politique pour sécuriser et lutter contre la présence de ces « Terroristes [2]» au Mali. Cette solution consiste en une intervention militaire par la France[3] qui va ensuite passer le relais aux forces de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest).

L’évolution de cette crise au Mali nous rappelle la crise en Somalie. La crise Somalienne a commencé par le renversement du gouvernement Siad Barre en 1991 [4]qui a par la suite conduit à l’intervention des Américains[5] qui a échoué et finalement laissé la Somalie comme une terre d’accueil pour les activités terroristes.

En suivant le déroulement des événements qui ont caractérisé la crise somalienne et les ressemblances qui s’affichent  dans la crise malienne, peut-on prévoir le risque d’une telle situation au Mali ? Quels sont les facteurs qui nous conduisent vers une « somalisation » de la crise malienne ? Et quels sont les indices qui nous assurent une victoire ou stabilité au Mali ?

Comment peut-on qualifier le résultat de cette intervention ? Quel est le sort du Mali et de la région après cette intervention militaire?

Ces questions seront traitées en deux grands axes : dans une première partie nous allons analyser les indices qui détermineront si la crise malienne se dirige vers les problématiques de la crise somalienne et dans une deuxième partie, nous allons examiner les facteurs qui peuvent empêcher cette menace d’être une réalité.

Première partie : Vers une « somalisation » de la crise malienne ?

        La crise malienne qui semblait être des troubles habituels au nord du pays, a affiché des signaux plus profonds que ce que le monde voyait. La rébellion des Touarègues et l’occupation des groupes islamiques ainsi que terroristes après le renversement du gouvernement, a tourné la face de la crise malienne qui devient un souci pour la communauté internationale surtout pour les Etats régionaux.

Une intervention militaire chapotée par la France en tant qu’ancien protectorat du Mali a été autorisée par le Conseil de Sécurité pour soutenir l’armée malienne à stabiliser le pays. La France décide d’initier cette opération nommée Serval et puis passer le relais à l’armée malienne et celle de l’Union Africaine pour terminer cette bataille. Les complications de cette opération et les difficultés qui s’affichent progressivement nous renvoient à la crise somalienne qui a débuté avec les mêmes symptômes, traitée avec les mêmes remèdes mais qui n’est pas toujours guérie de ses maux.

La question qui se pose alors c’est celle de savoir si ces signes nous conduisent vers la même situation qui s’est passée en Somalie dont on parle du terme « somalisation ». En examinant les origines des deux crises, on constate des spécificités communes, d’abord  sur les plans social et politique. Ces spécificités des deux crises nous convainquent que la crise malienne peut dégénérer en une crise problématique et insurmontable  par la communauté internationale comme celle de la Somalie.

Par contre, il existe certains facteurs dans la crise malienne qui rassurent une sortie évidente de la crise. La situation politique au Mali était sous le contrôle du président de la transition malgré quelques difficultés auxquelles il a fait face dans l’exercice de son pouvoir. Cette autorité n’a pas laissé le vide qui existait en Somalie avant l’intervention militaire qui a contribuée à l’échec et à l’aggravation de la crise somalienne. Peut-on ainsi se fier à ces facteurs pour nous assurer d’une sortie paisible de la crise malienne ?

Cette partie sera constituée en premier lieu d’un examen des points de convergences entre la crise somalienne et celle du Mali qui peuvent  provoquer l’écrasement d’une zone déjà fragile. En deuxième lieu, les points de divergences entre les deux crises seront analysés pour faire sortir le contexte distinct de la crise malienne et la possibilité d’une stabilisation par l’intervention militaire.

I.              Les points de convergences entre la crise Malienne et Somalienne :

Les ressemblances entre la crise malienne et la crise somalienne sont caractérisés par des éléments qui constituent les racines des deux crises. Ces éléments sont fondés sur le plan social, politique ainsi qu’économique. Par ailleurs, une analyse des enjeux qui ont déterminé l’intervention militaire au Mali se rapproche de ceux qui ont aussi motivé l’intervention dans la crise somalienne qui a été vouée à l’échec.

Après avoir examiné les causes des deux crises, nous verrons également le contexte des interventions ainsi que les enjeux de ces interventions.

Examinons d’abord les causes des deux crises et l’intervention et ses enjeux par la suite.

a)      Les causes des crises :

Le Mali et la Somalie sont tous des Etats multiethniques et religieux. Le Mali est un pays qui regroupe différentes ethnies, tribus et religions. Ces groupes peuvent être classés en deux : les Arabo-Berbères au nord du pays dont on peut citer les Touarègues, les Arabes et les Maures et au sud du pays, se trouvent les subsahariens qui inclus les Peuls, les Sénoufos, les Soninkés, les Dogons, les Malinkés, les Dioulas etc.[6] La coexistence de ces différents groupes est restée remarquable pour des années dans la région, mais l’incapacité d’intégrer ces différents groupes dans le développement national constitue le fondement de l’instabilité au Mali.

Cette situation était aussi constatée dans la crise somalienne. La Somalie est un pays qui a été colonisé par l’Italie et la Grande Bretagne. La disparité qui existait entre ces deux populations a continué après l’indépendance.

Pour ce qui concerne la religion, il est estimé que 90% de la population malienne pratiquent l’islam comme religion tandis que 5% sont des chrétiens et 5% pratiquent la religion traditionnelle ou considérés comme des animistes. La quête d’imposer la charia au nord du Mali par des groupes extrémistes incite ces groupes à prendre le contrôle de ces territoires pour pouvoir établir leur pouvoir.

        Sur le plan politique, on constate dans les deux crises, la présence des groupes islamiques et terroristes qui luttent contre le gouvernement au pouvoir. Ces groupes profitent de chaque forme d’instabilité politique pour s’établir sur un territoire. Ils sont extrêmement mobiles et se déplacent d’un espace de crise à un autre. Leur présence au Mali est largement attribuée à la chute du régime de Kadhafi après sa mort en Octobre 2011. Kadhafi était l’un des principaux acteurs de la lutte contre le terrorisme dans cette région de l’Afrique et sa chute a ainsi provoqué le retour des mercenaires ainsi que des maliens qui vivaient en Lybie de venir s’intégrer dans un pays qui ne peut pas leurs offrir ce que le régime de Kadhafi leurs accordait[7].

           Sur le plan économique, 77% des maliens vivent en dessous de 2 dollars par jour et  en Somalie 73% de la population aussi vivent en dessous de 2 dollars par jour[8]. La pauvreté dans ces deux pays incite la révolte de la population moins privilégiée et la rivalité entre les différentes zones du pays.

La crise malienne et celle de la Somalie se rapprochent aussi par l’intervention militaire optée par la communauté internationale comme une solution de sortie de la crise.

b)     Les enjeux  de l’intervention militaire au Mali et en Somalie:

L’intervention militaire au Mali est considérée comme une option louable de la même manière qu’elle a été considérée en Somalie après la chute du régime Barre en 1991.

La France intervient au Mali pour aussi protéger ses intérêts à long terme dans la région du Sahel. Selon le premier ministre, Jean-Marc Ayrault , les buts officiels de l’intervention sont

« 1. Stopper l’offensive des groupes terroristes ;

2. préserver l’existence de l’Etat malien et lui permettre de

retrouver son intégrité territoriale et sa totale souveraineté ;

 3. préparer le déploiement de la force d’intervention africaine »[9]

De son côté, le président François Hollande en rejoignant son premier ministre ajoute le but « de sécuriser Bamako, où nous avons plusieurs milliers de ressortissants »[10]

Ces objectifs déclarés officiellement n’exclurent pas les objectifs qui favorisent des intérêts économiques de la France au Mali.

Les deux interventions ont une chose en commun ; le fait de se rendre compte d’être en face d’un ennemi plus fort que prévu. Dans le cas de la Somalie, l’intervention des troupes américaines a connu des difficultés, dont le point culminant a été la mort de 18 soldats américains,  lors d’une embuscade, qui a eu lieu le 3 octobre 1993, suivie du spectacle horrible de ces corps de marines trainés dans les rues de Mogadiscio[11]. Il s’en suivit de retrait dans un premier temps des forces américaines en 1994, puis le départ de la mission onusienne en Somalie le 25 février 1995.

Quelques jours après l’intervention française au Mali, les militaires français ont été surpris d’être en face des combattants islamistes mieux armés et mieux entrainés que prévu. Ces combattants ont récupéré des armes modernes et sophistiqués transitant de la Libye après le printemps arabe qui a touché la Libye. La mort d’un pilote français en moins de quarante-huit heures après l’intervention et la prise d’otages des différentes nationalités dans l’attaque d’une installation gazière à In Amenas (Algérie), nous pousse à prédire la possibilité d’un départ inattendu comme le cas des américains en Somalie[12].

Ces points de convergences entre les deux crises sont néanmoins limités par certaines réalités qui peuvent créer une distinction dans la résolution de la crise malienne. Ces points de divergences entre les deux crises feront l’objet de la section suivante.

II. Les points de divergences entre la crise somalienne et malienne :

Après le départ du général Mohamed Siad Barré qui avait quitté le pouvoir en Somalie, après 21 années d’un régime dictatorial, ce petit pays, a été abandonné entre les mains des divers chefs de guerre  qui s’affrontent dans une lutte sans merci pour conquérir le pouvoir dans la capitale, Mogadiscio. Parmi eux, le défunt général Mohammed Farah Aïdid qui va acquérir une certaine notoriété internationale, après avoir été la figure la plus recherchée par les forces américaines qui ont débarqué en Somalie le 09 décembre 1992. Cet aspect distinct de la crise somalienne ne figure pas dans le cas du Mali et peut ainsi renverser la possibilité d’un résultat négatif au Mali.

a)      Un coup d’Etat déjoué au Mali :

Le 22 mars 2012, des militaires maliens annoncent le renversement du régime du président Amadou Toumani Touré.  Ce coup dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo, était une réponse à l’incapacité de l’ancien gouvernement à résoudre et arrêter la rébellion au nord du pays. La non-reconnaissance du pouvoir des putschistes par la communauté internationale a conduit à la signature d’un accord de transfert de pouvoir à un gouvernement civil d’intérim qui sera présidé par Dioncounda Traoré. Selon cet accord signé le 06 Avril 2012  et le 20 Mai 2012 à Bamako entre les putschistes, les autorités intérimaires de Bamako et la CEDEAO[13], la période de transition sera de douze mois et que la junte doit se retirer de tous les processus politiques au Mali. Malgré l’incapacité de ce gouvernement de transition de haleter la rébellion au nord du pays,  on constate qu’il a au moins permit d’empêcher la crise malienne de suivre les traces de la crise somalienne. D’abord, l’on remarque qu’après le transfert du pouvoir et le rétablissement de la constitution, l’ordre a été établi au Sud du pays malgré quelques manifestations quotidiennes en faveur du président échoué. Le cas de la Somalie n’a pas été ainsi, après le renversement du président Siad Barre et sa fuite de la capitale le 26 Janvier 1991, son successeur, Ali Mahdi Muhammed (Janvier – Novembre 1991) n’a pas pu réussir à contrôler le pays qui a été déchiré entre différents clans et des seigneurs de guerre. Le nord de la Somalie qui était moins agité que le sud a tenté une déclaration de son indépendance mais n’a pas été reconnu par aucun Etat étranger qui a aussi contribué à l’installation de l’instabilité dans ce pays.

Deuxièmement, les conditions et concessions conclues pour le transfert du pouvoir au Mali ont réussi à ne pas régénérer d’autres formes de crises politiques qui pouvaient déstabiliser le pays et renforcer la rébellion au nord du pays. Ces facteurs ont aussi joué un rôle important dans la coordination de l’intervention militaire qui peut être considérée comme mieux organisée et préparée.

                                                           

b)     Une intervention concertée au Mali :

L’intervention diplomatique de la communauté internationale au Mali et le rôle de la CEDEAO pour déjouer le coup d’état au Mali a ouvert la voie pour une intervention militaire concertée contrairement à ce qui s’est passé en Somalie. Le président d’intérim au Mali, Diancounda Traoré en réalisant que l’armée malienne était incapable de gérer la situation, a invité la France qui n’est pas seulement son ancien colonisateur, mais aussi reconnue pour son ingérence habituelle dans les pays francophones de l’Afrique[14]. La légitimité de cette invitation par un président d’intérim qui a été nommé par la CEDEAO laisse un point d’interrogation mais semble être une solution qui peut empêcher la crise malienne de prendre la forme de la crise somalienne.

La France justifie cette intervention par des enjeux sécuritaires basés sur l’urgence de la situation et l’incapacité de l’Etat malien de s’en sortir sans le soutien français. Un scenario de Néo-colonialisme est ainsi bloqué par le billet d’une intervention concertée entre le Mali et la France.

   Aujourd’hui, le Mali est considéré relativement stable, et contrairement à l’engagement français dans la guerre en Afghanistan par exemple, la population Malienne accepte l’intervention comme un résultat positif.

La question qui se pose c’est celle de savoir jusqu’où peut-on contenir cette crise et quel est l’avenir de cette crise malienne ?

Notre deuxième partie portera un regard sur l’avenir du Mali en analysant l’état de lieu de l’intervention française au Mali et en faisant une projection dans l’avenir de la résolution de cette crise.

Deuxième partie : Un regard sur l’avenir du Mali

Les points forts et faibles de l’intervention militaire au Mali après quelques mois ne nous permettent pas de faire une conclusion sur le sort de la crise malienne,  mais nous incitent à mener des réflexions concernant l’avenir du Mali. Certains français restent pessimistes sur l’intervention militaire au Mali comme cela a été affirmé par Hervé Morin[15], mais l’avenir du Mali doit être analysé en considérant l’état de lieu de cette intervention militaire.

 D’abord, on peut caractériser cette intervention comme une réussite qui a fermé la porte de soucis et d’inquiétude sur le Mali, ses Etats voisins ainsi que toute la communauté internationale, depuis le lancement de l’opération Serval, Ensuite, on peut aussi imaginer le cas d’un échec qui va bouleverser la région et créer de nouvelles menaces pour le continent et le monde entier.

Notre regard sur l’avenir du Mali nous oblige aussi à examiner certaines mesures qui peuvent être prises pour éviter le pire des cas. Ces mesures doivent prendre en considération les points de convergences et de divergences déjà examinés pour inspirer des solutions infaillibles.

        Cette partie va ainsi évaluer dans un premier temps l’impact de l’intervention militaire au Mali ; peut-on la considérer comme un échec ou une réussite ? Comment peut-on caractérisé l’impact de l’opération Serval aujourd’hui ? Deuxièmement, quelles sont les mesures à prendre contre une somalisation de la région.

I.              Quel est l’impact de l’intervention malienne dans la région ?

Face à l’intervention militaire baptisée « Serval » par les français en coordination avec les Etats de l’Union Africaine et financée par d’autres acteurs internationaux, la question de l’inéluctabilité de l’intervention militaire n’est plus en jeu. Par contre, l’impact de cette intervention non seulement au Mali mais dans la région entière est une problématique qui mérite une analyse profonde. L’intervention au Mali offre deux possibilités aux Etats régionaux pour lesquels la crise au Mali a créé menace et inquiétude. D’une part, la possibilité d’une intervention qui réussit à éteindre et à déraciner toute forme de rébellion et de terrorisme sur le territoire malien, assurant par-là une stabilité de la région.  D’autre part un échec qui conduira les Etats de la région dans une guerre infinie comme l’on observe en Somalie depuis des décennies. Comment peut-on caractérisé l’impact de l’opération Serval aujourd’hui ?

 

a.      L’impact d’une intervention réussie :

L’opération Serval qui a débuté depuis le 11 Janvier 2013 a pu dévoiler la profondeur des activités islamistes et terroristes sous la couverture du Mali. Cette opération a tracé d’autres branches de ces activités dans différents pays de la région qui est un atout dans la lutte contre le terrorisme. La position géostratégique du Mali qui a des frontières avec des pays de l’Afrique de l’Ouest ainsi que des pays de l’Afrique du nord, permettra d’obtenir un double objectif en cas d’une réussite de l’opération Serval.

Le Mali qui se trouvait dans un état fragmenté avant l’intervention militaire, peut aujourd’hui se vanter d’une calme et stabilité dans une grande partie de son territoire.

Avant l’intervention militaire au Mali, la moitié du nord du pays était sous le contrôle des groupes djihadistes (Aqmi, Ansar Dine, Mujao) qui imposaient leur ordre[16].

L’opération Serval a réussi à détruire beaucoup d’infrastructures des groupes djihadistes, leurs centres d’entrainement et tuer des centaines de leurs membres ; ce qui a affaibli  l’organisation de leurs activités.   

 Le Mali qui était autrefois considéré comme un modèle démocratique en Afrique est devenu un exemple de faiblesse démocratique dans la région. Cette instabilité politique est attribuée à la rébellion du groupe Touarègue au nord du pays, une situation dont les militants d’Al Qu’Aida au Maghreb arabe (AQMI) profitent pour s’établir et organiser leurs attaques dans la région. L’intervention militaire au Mali a réussi à éliminer cette distraction au nord qui empêchait le gouvernement malien de contrôler la totalité de son territoire.

L’intervention militaire a aussi permis l’élection du président Ibrahim Boubacar Keïta d’une manière démocratique. Les élections qui se sont déroulées sous la surveillance des organisations internationales, a été considérée assez transparent et en conformité avec les valeurs démocratiques. L’intervention militaire a ainsi réussi à ouvrir la porte pour une reformation du volet politique au Mali. Par conséquence, la transformation des institutions et atmosphère politique au Mali n’est plus un mirage mais une réalité.

               Le Mali, troisième pays producteur d’or en Afrique derrière l’Afrique du Sud et le Ghana, peut désormais retrouver des investisseurs pour booster son économie mise à mal par les crises et instabilité du pays.

Néanmoins, l’intervention militaire au Mali n’est pas considérée comme une réussite dans sa totalité. Les critiques les plus astringentes de cette intervention indexent  l’erreur stratégique de l’intervention. Si cette intervention militaire a échoué, quel est l’impact de cet échec dans la résolution de la crise malienne ?

 

b.      L’impact d’une intervention échouée

L’échec de l’intervention militaire dans la crise somalienne a provoqué la vengeance des somaliens dans le Golfe d’Aden par les actes de la piraterie. Au niveau mondial, le Bureau Maritime International (IMB) répertorie[17], en 2009, 406 incidents de piraterie maritime, 153 navires ont été pris d’assaut, 49 ont été détournés et 120 ont été la cible de tirs. 1052 membres d’équipage ont été pris en otage, on dénombre 68 blessés et 8 tués. La zone Nord Est de l’Afrique totalise, à elle seule, 217 incidents. Cet impact est subi par toute la communauté internationale et surtout les pays avancés comme une conséquence d’avoir négligé et abandonné les somaliens entre les mains des seigneurs de guerres pendant des années.

Le cas du Mali peut ne pas être la piraterie, mais le 16 Janvier 2013, à savoir cinq jours après l’initiation de l’opération Serval, une installation gazière en Algérie a été attaquée par des islamistes comme un contrecoup à l’Algérie pour avoir autorisé l’aviation française à survoler son territoire. Cette attaque a coûté la vie d’au moins 37 étrangers de différentes nationalités et 29 Djihadistes[18].

La lutte contre l’installation de l’AQMI dans différents pays de la région sera vouée à l’échec si l’intervention au Mali échouait. Cette région sera ainsi envahie par des grands réseaux de trafic de drogues et toutes sortes des crimes.

Pour éviter que ces possibilités ne tournent en réalités, certaines mesures doivent être prises en compte pour assurer une course vers la stabilisation du Mali et ses Etats régionaux.

II.           Quelles mesures à prendre pour éviter une « somalisation » de la région ?

L’une des leçons que l’on peut tirer de la crise somalienne c’est que la résolution de la surface d’un problème ne résout pas le problème en profondeur mais renforce les effets qui se manifesteront plus tard. Les erreurs commises en Somalie ne doivent pas être négligées mais prise en compte pour éviter de revivre les horreurs de la crise somalienne.

Premièrement, il existe certains feux rouges qui ne doivent pas être violés  et deuxièmement, le rôle non-négociable des Etats régionaux doit être joué par ces derniers pour attaquer le fondement de la crise malienne. 

a)      La Reconstruction d’un Etat effondré

L’action militaire n’est qu’une étape vers la résolution de la crise malienne. Les aspects politiques, et socio-économiques doivent être développés pour permettre la reconstruction du Mali.

D’abord il est important de reconstruire l’armée malienne. La division et faiblesse de cette armée a facilité les activités des rebelles qui ont ainsi conduit à cette crise.

La reconstruction de l’Etat malien ne peut se faire sans le peuple malien. Il faut un dialogue national et sur tout au Nord du pays, qui a été délaissé pendant des années. Un développement équilibré doit être établi ainsi qu’une participation équilibrée dans la gestion de l’Etat et dans la vie politique du pays.

La culture africaine donne une grande place aux chefs des clans et tribus ; leur colère contre l’intervention étrangère va constituer un grand obstacle contre la réussite de cette lutte française sur le territoire malien. Ces chefs de clans doivent avoir leur place dans les dialogues politiques pour assurer qu’ils convainquent leur peuple à soutenir les décisions qui seront prises.

L’intervention militaire doit être complétée par des soutiens financiers pour assurer le développement socio-économique au Mali.

Le rôle direct et indirect de la France et les autres pays ne doivent pas éclipser  le rôle non-négociable des Etats régionaux.

 

 

b)     Le rôle non-négociable des Etats régionaux :

Les Etats voisins du Mali malgré leurs faiblesses sur le plan militaire, politique et même financière, doivent mettre la main à la patte si l’on veut avoir des résultats positifs. Les seules armées qui peuvent être considérées comme fiables pour l’instant seront d’abord l’armée Nigériane[19], Sénégalaise et Tchadienne. Ces armées ainsi que les autres sont confrontées à des distractions diverses[20] sur leurs propres territoires et ailleurs. Elles ne peuvent donc pas être des acteurs efficaces en cette période, mais leur rôle reste indispensable pour la réussite de l’intervention au Mali.

La coopération et la coordination des Etats régionaux vont permettre d’éviter une pénétration des terroristes chassés du Mali dans les Etats voisins. Souvent la recherche d’une solution à tout coût par des pays non régionaux, pousse ces pays à se débarrasser de leurs adversaires sur le territoire donné sans s’inquiéter de la réémergence de ces adversaires sur un autre territoire. Les Etats régionaux par contre, doivent assurer une éradication absolue vu que chacun aura à veiller sur ses frontières et s’investir pour une sécurité régionale.

         Cette dimension n’exclut pas le soutien financier et institutionnel des pays hors de la région. La facilitation des opérations dirigées par les Etats régionaux sera un atout important pour la résolution de la crise malienne et aussi pour éviter la somalisation de la région.    

 

Conclusion :

La situation au Mali peut être sombre aujourd’hui avec tous les indices qui dirigent vers une situation semblable à la crise somalienne, mais le défi peut être relevé si l’on évite les erreurs de l’intervention en Somalie.

Aujourd’hui les maliens célèbrent l’armée française qui les a délivré de la main des islamistes qui les massacraient et tuaient au nom de l’application de la Charia. Tel a été aussi le sentiment en Somalie au début de l’intervention militaire des américains avant qu’il ne condamne cette même intervention. Qu’est-ce qui a été la cause de ce changement de sentiment ? Comment éviter cette même réaction au Mali sachant que les islamistes et rebelles maliens restent des maliens et trouveront toujours la facilité d’avoir le soutien du peuple malien ?

L’évolution de l’anti-françisme [21]au Mali sera accentuée avec les moindres erreurs qui seront commises après les opérations françaises au Mali. Une seule action qui tourne mal suffirait à  convaincre les jeunes maliens de s’allier à leurs compatriotes qualifiés des terroristes.

Une réussite au Mali favorisera l’éradication du terrorisme non seulement au Mali mais dans sa région toute entière et aussi un échec infectera toute la région.

En espérant  que l’avenir confirme le sort de la crise malienne, la phase « après intervention militaire » au Mali, doit avoir une fondation ferme dans les domaines politiques, sociales ainsi qu’économiques pour faciliter la reconstruction de l’Etat malien.

 

Bibliographie

OUVRAGE

v  BARRAULT Jean-Michel, « Pirates des mers d'aujourd'hui », Gallimard, 2007,

v  CARATINI Sophie, « La question du pouvoir en Afrique du Nord et de l’Ouest » l’Harmattan, 2009,

v  DIARRA Abdoulaye, « Démocratie et droit constitutionnel sans le pays francophones d’Afrique noire, le cas du Mali depuis 1960 », karthala 2010,

ARTICLES

v  Gérard Prunier, « Liaisons dangereuses de Washington en Somalie », Monde Diplomatique, septembre 2006, pp. 16-17.

v  SCIASCIA Alban, « La lutte internationale contre la piraterie au large de la Somalie depuis 2008 », EchoGéo, Numéro 10 | 2009, mis en ligne le 01 septembre 2009.

v  MIDDLETON Roger , « Piracy in Somalia: Threatening Global Trade, Feeding Local Wars», Chatham House Briefing Paper, October 2008

  RAPPORTS

v  ICC International Maritime Bureau, Piracy and Armed Robbery Against Ships, Annual Report, 1 January-31 December 2008, p.3

 



[1]Notamment Al Qaida au Magreb arabe (Aqmi), Ansar Dine, le mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

[2]Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a parlé le 13 janvier 2013 d’une « guerre contre le terrorisme » pour qualifier l’opération française au Mali. Au micro d’Europe 1, il a même précisé que la France luttait contre le terrorisme partout et tout le temps : "La France est en guerre contre le terroriste, où qu'il se trouve, pour préserver sa sécurité, et celui du Mali, un pays ami. Le terrorisme est l'objectif unique, essentiel"

http://www.rue89.com/2013/01/22/petit-glossaire-de-la-guerre-contre-le-terrorisme-au-mali-238840, consulté le 19.03.2013

[3]La France a colonisée le Mali de 1883 jusqu’à son indépendance le 20 Juin 1960.

[5] Le 1er décembre 1992, le Conseil de sécurité de l'ONU approuve le déploiement d'une force d'environ trente mille hommes sous commandement américain.

[6] On compte une soixantaine d'ethnies au Mali. Près de 40 % des habitants du pays (38,7 %) appartiennent à la grande ethnie mandingue; ce sont majoritairement des Bambara (23,9 %) vivant principalement dans le district de Bamako. Ils sont suivis par les Sénoufos (12,2 %), les Songaï (8,9 %), les Soninkés (8,8 %), les Bozos (4,6 %), les Khasonkés (1,3 %), les Ganadougous (0,8 %), les Duungoma (0,7 %), les Jula (0,5 %), etc.  Les autre peuples importants sont les Sénoufos (12,2 %), les Songaï (8,9 %), les Fulani du Maasina (8 %), les Peuls (8%), les Maninka (7,9 %), les Dogons (5,5 %), les Touaregs tamasheq (2,8 %), les Maures blancs (2,8 %), les Touaregs tamajaq (2,1 %), les Bobo ou Bomu (1,5 %), les Toucouleurs (1,4 %), les Arabes sahariens (1,3 %), etc. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/mali.htm Consulté le 25.03.2013.

 

[7] Selon Jacques Hogard, ancien cadre de l’armée française, « La chute du régime de Kadhafi est une onde de choc qui déstabilise l’Afrique ! » il explique que Les Touareg qui se battaient aux côtés de Kadhafi sont rentrés dans leur pays d’origine avec un armement très important et des munitions après la chute de Kadhafi.

[8] BTI, Mali country report.

[9] Le discours du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, prononcé le 15 janvier devant

les députés de l’Assemblée nationale, www.gouvernement.fr/premier-ministre, 15 janvier 2013.

[10] Vidéo du discours de F. Hollande,www.lemonde.fr, 15/01/2013.

[11] Lire sur ce sujet, Gérard Prunier, « Liaisons dangereuses de Washington en Somalie », Monde Diplomatique, septembre 2006, pp. 16-17.

[12] Anne-Claire de Gayffier-Bonneville  «  L’intervention en Somalie 1992-1993 », p. 93-103, © Revue historique des armées

 

[13] Concessions pour la signature de l’accord

Pour que les anciens putshistes acceptent les revendications de la Cedeao, l'organisation régionale a dû plier sur certains points en retour. Vendredi, l'Assemblée nationale malienne avait ainsi adopté un projet de loi accordant l'amnistie aux auteurs du coup d'État. Une décision acceptée par la Cedeao, qui a également été contrainte d'offrir au capitaine Sanogo certains avantages.

« Le capitaine Amadou Sanogo a un statut d'ancien chef d'État. Il bénéficiera des avantages dus à son rang », a déclaré à la radio publique Djibrill Bassolé. Ainsi, le militaire aura droit « au traitement et aux indemnités accordés à un chef d'Etat à la retraite. Il aura une garde rapprochée, il sera logé par l'État » notamment. ll s'agit de l'«une des mesures d'accompagnement de l'accord de principe » conclu samedi, a expliqué dimanche soir une source militaire proche du capitaine Sanogo.


Lire l'article sur Jeuneafrique.com :
Crise au Mali : accord signé pour une période de transition de 12 mois | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique consulté le 26.03.2013

 

[14] Principales interventions militaires françaises en Afrique :
1961 : Opération Bouledogue (transformée en opération «Charrue longue») : pour le maintien de la base militaire navale de Bizerte en Tunisie.
1964 : Rétablissement du président Léon M'ba dans ses fonctions après le putsch d’une partie de l’armée au Gabon.
1968-1972 : Opérations Limousin et Bison contre la rébellion du Tibesti au Tchad : L’armée française enregistre des pertes importantes : 39 tués dans les rangs français durant l’opération «Limousin» ainsi qu’une centaine de blessés.
1978 : Opération Bonite : soutien au maréchal Mobutu contre la rébellion du Shaba (Zaïre).
1978-1980 : Opération Tacaud (voir carte) au Tchad : contre l'avancée du Frolinat (Front national de libération du Tchad) de Goukouni Oueddei (Weddeye).
1979-1981 : Opération Barracuda en Centrafrique : destitue le président Bokassa et replace David Dacko au pouvoir.
1983 : Opération Manta au Tchad : 4 000 soldats français mobilisés en soutien au président Hissène Habré face aux rebelles de Goukouni Oueddei (Weddeye).
 
1986 : 150 parachutistes français débarquent en renfort au Togo suite à une tentative de coup d'État contre le président Gnassingbé Eyadéma.
1989 : Opération Oside aux Comores : après l’assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise de contrôle du pays par les mercenaires de Bob Denard. 
1990-1993 : Mission Noroit au Rwanda : pour protéger le régime du président Juvénal Habyarimana contre une attaque des rebelles du Front patriotique rwandais.
1992-1993 : Opération Oryx en Somalie (en mission avec l'ALAT, témoignage de Jean-Luc Brissau, pilote d'hélicoptère) : l'opération sera placée ensuite sous le commandement américain de la mission Restore Hope. 
1993 : Opération Chimère et Volcan : formation de l’armée rwandaise.
Juin 1994 : Opération Turquoise : l’armée française face au génocide rwandais. Enquête, contre-enquête, plaintes contre l’armée française... Seize ans après le génocide rwandais, le rôle de l’armée française au Rwanda est toujours un sujet de controverse. D’une part, parce qu’avant le génocide et en vertu des accords de coopération militaire signés avec le Rwanda, la France avait formé, entraîné et équipé une partie de l’armée rwandaise qui se retrouvera au printemps 1994 impliquée dans les massacres de Tutsis et de Hutus modérés et d’autre part, parce que l’intervention française, à la demande de l’ONU, n’a débuté que le 22 Juin 1994, soit deux mois et demi après le début des massacres à grande échelle. 
1995 : Opération Azalée aux Comores : Bob Denard et ses mercenaires ont renversé le président Saïd Mohamed Djohar. L'armée française neutralise Bob Denard, le ramène en France où il est emprisonné.
1996-2007 : Opération Aramis au Cameroun : soutien de l’armée camerounaise en lutte contre le Nigeria pour le contrôle de la presqu’ile pétrolière de Bakassi.
2002 : Début de l'opération Licorne : force de maintien de la paix, en Côte d’Ivoire suite à une rébellion qui menace le pouvoir du président Laurent Gbagbo. Cette intervention précède les accords de Marcoussis entre les forces politiques ivoiriennes, en janvier 2003.
2003 : Opération européenne Artemis dans l’est de la RDC.
2004 : Destruction des aéronefs de l’armée ivoirienne après le bombardement de Bouaké dans lequel 9 soldats de la force Licorne vont trouver la mort et 35 autres seront blessés, évacuation des ressortissants français. Les soldats tirent sur la foule lors de manifestations anti-françaises. L'opération «Licorne» est également entachée par l'affaire Firmin Mahé.
2006 : Soutien à l’armée tchadienne face aux rebelles (dispositif Épervier) : l’aviation française effectue un tir de semonce devant une colonne rebelle à 250 km de Ndjamena.
2008 : Protection de l’aéroport de Ndjamena et évacuation des ressortissants français du Tchad, échange de tirs entre l’armée française et les rebelles près de l’aéroport.
2008 : Soutien logistique à l’armée djiboutienne à la frontière érythréenne.
2011 : L'année de l'ingérence française en Afrique où, en Libye et en Côte d'Ivoire, la France tente d'imposer ses règles dans le jeu des grandes puissances occidentales !

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[15] Hervé Morin, ministre de la défense française entre 2007 et 2010 a affirmé cela lors d’une conférence sur le thème « Quel rôle de la France pour la sécurité en Afrique Subsaharienne ? » à Rabat le 28.Mars 2013.

[16] Musique, tabac et alcool étaient strictement interdits. Les femmes cloîtrées chez elles. Au moins un couple adultère avait été lapidé à mort. Des tribunaux ordonnaient l’amputation des mains de voleurs. Des lieux saints de grande valeur artistique étaient détruits, parce qu’ils témoignaient de l’existence d’un islam traditionnel, moins sectaire. Les bandes armées régnaient sur la région, avec le cortège habituel de vols, viols et violences.

[17] ICC International Maritime Bureau, Piracy and Armed Robbery Against Ships, Annual Report, 1 January-31 December 2008, p.3

[18] La région de Tigantourine à In Amenas a fait l'objet d'une double attaque terroriste (embuscade contre un bus de transport de travailleurs dans les hydrocarbures et prise d'otage dans une base de vie). Le bilan fait état de deux morts (un norvégien et un britannique), six blessés (4 algériens et 2 étrangers), en plus d' « un peu plus d'une vingtaine» d'otages étrangers, selon Alger et «41», selon le groupe lié à Al Qaïda baptisé Al Mouwaqiin Bi Dam (les signataires de sang) qui revendique l'acte et plusieurs algériens ont été ensuite libérés.

[19] On constate que pour des raisons géopolitiques, les Etats anglophones en Afrique n’interviennent rarement dans des Etats francophones en périodes de crises.

[20] Comme les attaques du groupe Buko haram

[21] Un sentiment d’amertume contre les français pour l’intervention militaire au Mali.

Écrit par Anna Naa Adochoo MENSAH
F.S.J.E.S, Université Mohamed V-Souissi, Madinat Al Irfane, Rabat, Morocco
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